La tempête Xynthia qui s’est abattue sur les côtes vendéennes et charentaises a été marquée par l’envahissement par la mer de nombreuses zones cotières : la conjonction instantanée de 3 phénomènes : la marée haute, la tempête et la rivière en arrière des côtes dont le niveau élevé ne put absorber le trop plein d’eau.
Aujourd’hui, l’île de Ré, par exemple, est coupée en trois.
Ces images rappellent les témoignages suite à l’ouragan Kathrina en Louisane ou alors à ceux des habitants de Maldives ou de Tuvalu. Dire aujourd’hui comme Météo France que “la tempête n’est pas liée au réchauffement climatique” est au minimum hasardeux, au pire peu rigoureux. Dire l’inverse l’est tout autant. Le fait que nombre de voix s’élèvent pour dire que ça n’a rien à voir montre que le changement climatique est désormais invoqué pour chaque événement météorologique.
Une des conséquences du changement climatique est la hausse du niveau des mers, à la fois par dilatation de l’eau sous l’effet d’une élévation des températures et par la fonte des glaciers continentaux ou calottes polaires : http://www.manicore.com/documentation/serre/ocean.html
Une élévation de quelques centimètres de la mer n’a en effet pas les conséquences que l’on imagine en se rappelant ses dernières vacances à la mer : reculer de quelques mètres sa serviette de bain et le tour est joué. Bien au contraire, la mer risque de rentrer plus souvent dans les terres suite aux tempêtes. Et plus brutalement.
Le phénomène Xynthia rentre tout à fait dans le schéma des risques liés à la hausse du niveau des mers : ce n’est pas la tempête en elle-même qui est due au changement climatique (il y a toujours eu des tempêtes et il y en aura toujours et leur nombre ne semble pas augmenter depuis des années) en revanche ses conséquences se trouvent amplifiée par le réchauffement.
C’est à peu près tout ce qu’on peut dire : des zones entières en France sont placées au niveau de la mer. Elles ont déjà été inondées par le passé et le seront dans le futur, avec un risque augmentant exponentiellement avec la hausse du niveau des mers. L’urbanisation méthodique des côtes et la disparition de terres agricoles pouvant faire rétention d’eau sont des facteurs aggravants bien plus importants.
Alors que faire ? Ségolène Royal veut construire des digues toujours plus hautes et solides. On peut aussi s’inspirer de ce que font les néerlandais, qui ont appris à maîtriser la mer. C’est possible. Philippe de Villiers souhaite lui s’éloigner des côtes pour urbaniser. Ce dernier point de vue me semble beaucoup plus adapté. Il n’y a pas de honte à choisir de reculer aux endroits stratégiques.
Ensuite, c’est à chaque acteur de réfléchir : le prix sera une variable importante. Il est probable que les assurances soient plus rigoureuses et augmentent les primes en zones côtières, il est aussi possible que les prix immobiliers dans ces zones là diminuent car il faudra bien financer les travaux d’endiguement et ce seront les habitants de ces zones qui le feront. De plus, les investisseurs seront moins enclins à acheter “les pieds dans l’eau”, car cela peut malheureusement tourner au cauchemar.
Mises à part ces conditions bassement matérielles, l’aspect humain est essentiel. Il faut informer les populations du côté dangereux de leur habitat pour leur faire intégrer qu’il faudra soit passer à la caisse soit reculer. Et ça, c’est le plus difficile. Et ça, ça peut causer de nouveaux drames humains dans le futur.
Tout au moins, le débat est lancé et espérons que Xynthia permette de réagir de façon adéquate. Que la France perde des kilomètres carrés est moins grave que de perdre des habitants dans des conditions aussi effroyables.









